Recette d’un site avant mise en ligne : la checklist de validation

15 septembre 2026 Retour aux articles
L’essentiel

La recette est la phase où vous validez le site avant sa mise en ligne. Elle se prépare : sans liste de points à vérifier, elle se réduit à « ça me plaît » et les problèmes sortent en production. Comptez une à deux semaines, testez sur vos propres appareils, et faites tester par quelqu’un qui n’a pas suivi le projet.

Le moment où l’agence annonce que le site est prêt est aussi celui où la plupart des clients regardent trois pages sur un grand écran, trouvent ça joli, et valident. Six semaines plus tard on découvre que le formulaire de contact n’envoie rien depuis un téléphone. La recette n’est pas une formalité de fin de projet : c’est la dernière occasion de faire corriger sans payer d’avenant.

01Ce qu’est une recette, et ce qu’elle n’est pas

Une recette valide la conformité au périmètre convenu. Ce n’est pas le moment de changer d’avis sur le design, ni celui de découvrir des fonctionnalités oubliées au cadrage.

  • Ce qui relève de la recetteUn élément prévu qui ne fonctionne pas, un contenu manquant, un affichage cassé sur un appareil courant, un formulaire qui n’arrive pas.
  • Ce qui relève de l’avenantUne page qui n’était pas au périmètre, un changement de parti pris graphique, une fonctionnalité découverte en cours de route.
  • Qui testeVous, un collègue qui n’a pas suivi le projet, et si possible une personne du public visé. Trois regards suffisent à faire sortir l’essentiel.
  • Combien de tempsUne à deux semaines selon la taille, avec un ou deux allers-retours. Prévoyez ce délai au planning : il n’est jamais compressible.
  • Centralisez les retours dans un seul document ou outil, jamais par courriels séparés
  • Décrivez chaque anomalie avec l’appareil, le navigateur, la page et ce que vous attendiez
  • Distinguez ce qui bloque la mise en ligne de ce qui peut attendre la semaine suivante
  • Le périmètre de référence est le cahier des charges : voir notre article sur la trame à suivre

02Les contenus

C’est le poste où l’on trouve le plus d’anomalies, et le moins glorieux à corriger après coup. Un site en ligne avec du texte provisoire abîme la crédibilité pour des mois.

  1. 1Cherchez tout texte provisoire restant : latin, « à compléter », titres de démonstration, images d’exemple
  2. 2Vérifiez les mentions obligatoires : mentions légales, conditions générales si vous vendez, politique de confidentialité
  3. 3Relisez les pages à fort enjeu à voix haute : accueil, offre, contact, à propos
  4. 4Contrôlez que chaque image a une description alternative utile, pas le nom du fichier
  5. 5Testez tous les liens internes et externes : un lien mort en page d’accueil se voit tout de suite
  6. 6Vérifiez les coordonnées : numéro cliquable sur mobile, adresse exacte, horaires à jour
!

Les pages secondaires sont celles qu’on oublie et que les moteurs indexent quand même : pages d’erreur, résultats de recherche interne, pages de remerciement après formulaire. Ouvrez-les au moins une fois.

03Les formulaires et la conversion

Un site vitrine sert à être contacté. Si le formulaire échoue, tout le reste ne sert à rien. Testez chaque parcours en conditions réelles, pas en préproduction.

  • Envoyez un vrai message depuis chaque formulaire, et vérifiez qu’il arrive dans la bonne boîte, sans passer en indésirable
  • Testez depuis un téléphone, sur le réseau mobile, pas seulement en wifi
  • Vérifiez le message de confirmation affiché, et le courriel de confirmation s’il est prévu
  • Provoquez des erreurs volontaires : champ vide, adresse mal formée. Le message d’erreur doit dire quoi corriger
  • Contrôlez que les pièces jointes passent, et jusqu’à quel poids
  • Vérifiez que les demandes arrivent aussi dans votre outil de suivi si vous en avez un

Un formulaire testé une seule fois, par le développeur, sur son ordinateur, n’a pas été testé.

  • Testez le numéro de téléphone en appuyant dessus depuis un mobile : il doit déclencher l’appel
  • Si vous vendez en ligne, passez une vraie commande de bout en bout, paiement compris, puis annulez-la
  • Vérifiez le comportement après envoi : rester sur la page ou rediriger, mais jamais une page blanche
  • Sur les points de fuite classiques, voir notre article sur le tunnel de conversion

04La mesure

Sans mesure en place le jour de la mise en ligne, vous perdez le point de comparaison. C’est aussi la seule façon de savoir si la refonte a servi à quelque chose.

  1. 1Vérifiez que la mesure d’audience est active sur toutes les pages, y compris les pages de remerciement
  2. 2Contrôlez que les objectifs sont déclarés : formulaire envoyé, appel déclenché, devis demandé
  3. 3Assurez-vous que les comptes de mesure sont à votre nom, l’agence y étant invitée
  4. 4Déclarez le site dans la console de recherche et soumettez le sitemap
  5. 5Relevez la mesure de référence avant bascule si c’est une refonte : trafic, positions, conversions
  6. 6Vérifiez que le bandeau de consentement ne bloque pas la mesure sans le vouloir
!

Sur une refonte, la mesure de référence prise avant la bascule est indispensable : c’est elle qui permettra de distinguer une baisse normale d’un vrai problème. La méthode complète est dans notre checklist de migration.

05Performance, accessibilité, données personnelles

Trois sujets qu’on repousse volontiers après la mise en ligne, et qui coûtent trois fois plus cher à corriger une fois le site en production.

SujetÀ vérifier en recetteLe seuil raisonnable
Vitesse mobileTrois gabarits différents, pas seulement l’accueilAffichage principal sous 2,5 secondes
Poids des imagesFormat moderne, dimensions adaptéesAucune image de plus de 300 Ko
Navigation au clavierParcourir le site sans sourisTout élément actionnable atteignable
ContrastesTexte gris clair sur fond clairLisible sans effort en plein jour
ConsentementRefus effectif des traceursRien ne se dépose avant le choix
Formulaires et donnéesMention d’information, durée de conservationPrésente et compréhensible
  • Testez sur un vrai téléphone d’entrée de gamme, pas seulement en mode mobile du navigateur
  • Vérifiez le site en plein soleil : beaucoup de contrastes qui passent au bureau deviennent illisibles dehors
  • Le refus des traceurs doit être aussi simple que l’acceptation, et effectif
  • Voir aussi la définition de la performance web et celle d’une image optimisée

06Le jour de la mise en ligne

La recette validée, la bascule reste un moment à sécuriser. Une heure de contrôles évite plusieurs semaines de rattrapage.

  1. 1Vérifiez que l’indexation est autorisée : c’est l’oubli le plus coûteux et le plus fréquent
  2. 2Contrôlez le certificat de sécurité et la version du domaine servie, avec ou sans www
  3. 3Testez à nouveau un formulaire en production : la configuration d’envoi diffère souvent de la préproduction
  4. 4Vérifiez que la mesure d’audience remonte bien depuis le site en ligne
  5. 5Sur une refonte, contrôlez vingt anciennes adresses prises parmi les plus visitées
  6. 6Gardez une sauvegarde de l’ancien site pendant au moins un mois
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Questions fréquentes

Combien de temps prévoir pour la recette d’un site ?

Une à deux semaines pour un site vitrine, avec un ou deux allers-retours de corrections. Ce délai n’est pas compressible : le compresser revient à valider sans tester, et les anomalies ressortent en production, où elles se corrigent en urgence et parfois contre facture.

Qui doit tester le site avant sa mise en ligne ?

Trois profils suffisent : vous, un collègue qui n’a pas suivi le projet, et si possible une personne du public visé. Celui qui a suivi le projet ne voit plus les incohérences, et il connaît les parcours par cœur, donc il ne se perd jamais là où un visiteur se perdra.

Que faire si l’agence considère qu’un retour est hors périmètre ?

Revenez au cahier des charges annexé au contrat : il tranche ce qui était prévu et ce qui relève d’un avenant. Si le point y figure, il est dû. S’il n’y figure pas, l’agence a raison de le facturer, et c’est le cadrage initial qui était incomplet. C’est la raison pour laquelle ce document doit être contractuel.

Faut-il tester sur tous les navigateurs ?

Non, sur les navigateurs réellement utilisés par votre public. Regardez vos statistiques actuelles si le site existe déjà. En pratique, tester sur deux navigateurs récents en version ordinateur et deux en version mobile couvre l’immense majorité des visiteurs.

Quels contrôles faire juste après la mise en ligne ?

Dans l’ordre : vérifier que l’indexation est autorisée, tester un formulaire en production, contrôler que la mesure d’audience remonte, et sur une refonte tester une vingtaine d’anciennes adresses. Ces quatre contrôles prennent une heure et évitent les erreurs les plus coûteuses.

Peut-on corriger après la mise en ligne ?

Oui, et il y aura toujours des ajustements les premières semaines. La différence est contractuelle : ce qui est signalé pendant la recette relève de la garantie de conformité, ce qui est demandé après relève souvent de la maintenance ou d’un avenant. D’où l’intérêt de ne pas bâcler cette phase.

Julien Dereumaux, Capitaine de Pilot’in
Julien Dereumaux — Capitaine de Pilot’in

Co-fondateur de Pilot’in en 2013 à Lyon. L’agence — HubSpot Implementation Partner (Platinum) et organisme de formation Qualiopi — accompagne PME et ETI sur le WordPress sur mesure, le SEO et la prospection B2B (450+ projets, 4,9/5 sur Google).

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